Le Ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement
durables s'est penché sur le cas du transport de marchandises en ville.
Il communique les chiffres suivants : 20% des kilomètres parcourus en
ville sont dus au transport de marchandises dont 50% aux achats
motorisés des ménages, 50% du gazole consommé en ville l’est pour le
transport de marchandises (dont achats), 35% du CO2 émis en urbain est
du au transport de marchandises (dont achats), 70% des livraisons
durent moins de 10 minutes, 8 véhicules de petit gabarit sont
nécessaires pour transporter le chargement d’un seul poids lourd et 55%
des opérations sont réalisées en compte propre.
Le
Ministère explique que le cadre législatif et réglementaire reste
relativement flou en ce qui concerne le transport de marchandises en
ville. Le code général des collectivités territoriales et le code de la
route donnent au maire l’essentiel du pouvoir réglementaire de police
sur le territoire communal. On observe ainsi des réglementations très
différentes d’une commune à l’autre y compris au sein d’une même
agglomération, en ce qui concerne le gabarit autorisé, les horaires de
livraison, la différenciation selon la nature de voirie ou encore les
normes environnementales. La loi sur l’air et l’utilisation rationnelle
de l’énergie (LAURE) et la loi relative à la solidarité et au
renouvellement urbains (SRU) donnent de nouveaux outils pour traiter
des marchandises en ville. Ainsi, "le plan de déplacements urbains
prévoit la mise en cohérence des horaires de livraison au sein du
périmètre des transports urbains. Il prend en compte les besoins en
surfaces nécessaires au bon fonctionnement des livraisons afin
notamment de limiter la congestion des voies et aires de stationnement."
A partir de ces constats, le Ministère évoque des solutions :
réserver
l’accès de certains secteurs urbains aux véhicules propres, tout en
veillant à ce que les restrictions posées au principe de liberté de
circulation restent proportionnées ;
le
report modal depuis la route vers le fer, le fluvial est un des moyens
de limiter les nuisances dues à la circulation des marchandises en
ville. Un exemple significatif : fin 2007, Monoprix, leader français du
commerce de centre-ville et Fret SNCF vont débuter ensemble une
expérience d'acheminement de marchandises par voie ferrée des magasins
parisiens du groupe à partir d'entrepôts situés en banlieue. Une flotte
d'une vingtaine de camions Renault Trucks fonctionnant au gaz naturel pour véhicules (GNV) effectuera les "derniers kilomètres" (voir article).
Monoprix utilise aussi la voie fluviale pour acheminer ses marchandises importées depuis le Havre ;
l’usage
des vélos tricycles (la petite reine) ou de chariots électriques
(chronocity de Chronopost) pour les livraisons de petits colis s’est
également répandu dans plusieurs villes (Rouen, Paris, Toulouse...) permettant notamment d’éviter les problèmes de stationnement en centre-ville ;
les véhicules propres fonctionnant au GPL, au GNV, à l’électricité ou aux biocarburants
ont émergé ces dernières années pour le transport de marchandises en
ville. Ces véhicules propres peuvent être utilisés pour la distribution
urbaine, pour la collecte et livraison de petits colis ou pour la
collecte des ordures ménagères. Il reste néanmoins des contraintes sur
le coût de ces véhicules, sur leur taille ou encore sur
l’approvisionnement et la distribution énergétique ;
les
services liés aux commerces ont pour objectif d’améliorer
l’attractivité des commerces de centre-ville et d’encourager les
déplacements pour motifs d’achat en transports collectifs.
Ces services peuvent être le portage des achats à domicile, le
e-commerce avec livraison à domicile ou à un point relais, la
récupération des achats au niveau d’un pôle d’échanges, la récupération
des colis 24h/24h...La principale difficulté tient au coût de ces
services et donc à leur pérennisation ;
les
Espaces Logistiques Urbains (ELU sont des équipements mutualisés
destinés à optimiser la circulation et la livraison des marchadises en
agglomérations sur les plans fonctionnel et environnemental, par la
mise en oeuvre de points de ruptures de charge. Ils ont vocation à
recomposer les flux qui parcourent la ville en offrant des services
spécifiques aux professionnels (stockage, manutention, desserte en
véhicule propre...). Un guide méthodologique réalisé dans le cadre du
PREDIT est disponible pour aider les collectivités dans la mise en
place d’ELU ;
Freturb
est un logiciel de simulation du transport de marchandises en ville. Le
modèle permet de fournir un outil de diagnostic quantitatif du
transport de marchandises aux agglomérations qui ne disposent pas de
résultats d’enquêtes lourdes et de simuler les effets de diverses
politiques d’aménagement et d’organisation logistique sur l’occupation
de la voirie par les véhicules de livraison, en circulation et à
l’arrêt.
Cet outil est progressivement enrichi de nouveaux modules lui
permettant notamment de calculer les émissions polluantes et la
consommation énergétique dues aux marchandises en ville ;
le programme national Marchandises en Ville a été créé en 1993, en coopération avec l’ADEME
puis avec EDF, le GART, et en étroite relation avec le Prédit. Le
programme a pour objectif central de permettre à toutes les
collectivités intéressées de pleinement prendre en compte les activités
logistiques dans la gestion générale des villes et de leurs
déplacements. Il a ainsi permis de constituer une base de connaissance
qui puisse servir de référence consensuelle pour les réflexions des
acteurs privés et publics intéressés. Il existe aujourd’hui une
plateforme de recherche collaborative et de diffusion documentaire
dédiée aux marchandises en ville : www.docapolis.com.
Le programme a également permis d’encourager diverses expérimentations
innovantes qui ont ensuite été évaluées pour identifier les bonnes
pratiques. Plus d’informations sur le site : www.tmv.transports.equipement.gouv.fr ;
l’association
centre ville en mouvement a été créée en 2005 à l’initiative de divers
partenaires : parlementaires, élus locaux, représentants de corps
d’Etat, chercheurs...avec un double objectif : valoriser les études et
expérimentations liées à la dynamisation des centres-villes et inscrire
des moments d’échanges entre les différents acteurs impliqués.
L’association a organisé en 2006 les premières assises nationales du
centre ville, permettant d’aborder sous la forme d’ateliers les
questions liées aux déplacements, aux livraisons et au stationnement,
au centre-ville, espace de vie et à la reconquête commerciale et
artisanale du centre-ville. La DGMT a contribué à l’organisation de ces
assises et notamment à la réalisation de films explicatifs sur les
marchandises en ville qui peuvent être visionnés sur le lien suivant : www.centre-ville-en-mouvement.com/exp-s02.html
;
l’Europe
est également impliquée dans la réduction des nuisances liées au
transport de marchandises en ville. Pour cela, elle encourage les
recherches et la normalisation sur les véhicules propres d’une part et
cofinance l’expérimentation et la diffusion de pratiques innovantes au
travers de différents programmes d’autre part (PCRD, CIVITAS,...). Le
programme Bestufs réunit depuis 2000 des institutionnels d’une
vingtaine de pays européens sur le thème des marchandises en ville (www.bestufs.net).
(Source : Ministère de l'Écologie Photo : tmv.transports.equipement.gouv)